Archive de la catégorie ‘Poesia en frances’

G. Nadaud

Jeudi 18 octobre 2007

Ce beau sein 

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Ce beau sein sur ma bouche,
Qu’il est pur !
Ce bouton que je touche,
Qu’il est dur !

G. Nadaud

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Kayreland

Jeudi 18 octobre 2007

 Un corps

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Un corps plus fort que le nôtre
A fait lever notre désir
On sait qu’on a rencontré l’autre
Et c’est parti pour le plaisir

C’est par les yeux qu’il est entré
C’est dans le cœur qu’il se concentre
Il a envie de se montrer
Il ressort par le bas du ventre

Kayreland

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Étienne Jodelle

Jeudi 18 octobre 2007

TOUCHE DE MAIN MIGNONNE…

 

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Touche de main mignonne, fretillarde,

Sur l’Instrument le plus doux en amour,

Qui peut chasser la plaintive clamour,

Sous un accord de plaisance gaillarde,

Et, au tenter d’une ruse pillarde,

Pince et blandit mainte corde à l’entour,

En l’animant d’agile brusque tour,

Par la vertu de sa voix babillarde.

Assez, assez, pour jouir à plaisir

Et commencer me tente le desir:

Tiens la mesure, ou sur mon Luth fredonne

Les doux accords des accordants débats;

Ce temps pendant, du pouvoir que me donne

Le long repos, je fournirai le bas.

Étienne Jodelle

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TOCA CON GRACIOSA MANO…

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Toca con graciosa mano, vivaz,

El Instrumento más dulce en amor,

Que puede ahuyentar el triste clamor,

Con su alegre armonía eficaz.

Y si te tienta un ardid de ladrona

Usa y puntea las cuerdas vecinas,

Pues la virtud de su voz parlanchina,

En rápida acción anima y entona.

¡Basta ya! Por libremente gozar

El deseo me tienta a comenzar:

Guarda el compás, o con mi Laúd canta

Dulces acordes de acordados trabajos;

Mientras, por el poder que me adelanta

El largo reposo, yo pondré el bajo.

(© Traducción: Sonia Mabel Yebara)

Guy de Maupassant

Jeudi 18 octobre 2007

L’affinité des chairs

 

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Je ne l’entendais pas, tant je la regardais
Par sa robe entr’ouverte, au loin je me perdais,
Devinant les dessous et brûlé d’ardeurs folles :
Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l’immobilité
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse
Haletait fortement avec de longs sanglots.
Sa joie était brûlante et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d’amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l’ombre effarés s’envolèrent
Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers
Un lien nous tenait, l’affinité des chairs.

Guy de Maupassant

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Pierre de Ronsard

Jeudi 18 octobre 2007

Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse

 

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Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse,
Pour ce bel oeil, qui me prit à son hain,
Pour ce doux ris, pour ce baiser tout plein
D’ambre et de musc, baiser d’une Déesse.

Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l’embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la rigueur de cette douce main,
Qui tout d’un coup me guérit et me blesse.

Je veux mourir pour le brun de ce teint,
Pour cette voix, dont le beau chant m’étreint
Si fort le coeur que seul il en dispose.

Je veux mourir ès amoureux combats,
Soûlant l’amour, qu’au sang je porte enclose,
Toute une nuit au milieu de tes, bras.

 

Pierre de Ronsard

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Charles-Marie Leconte de Lisle

Jeudi 18 octobre 2007

gifd161.gifSi les chastes amours gifd161.gif

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Si les chastes amours avec respect louées
éblouissent encor ta pensée et tes yeux,
n’ effleure point les plis de leurs robes nouées :
garde la pureté de ton rêve pieux.

Ces blanches visions, ces vierges que tu crées
sont ta jeunesse en fleur épanouie au ciel !
Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.

Mais si l’ amer venin est entré dans tes veines,
pâle de volupté pleurée et de langueur,
tu chercheras en vain un remède à tes peines :
l’ angoisse du néant te remplira le coeur.

Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
d’ un exécrable mal ne vis pas consumé ;
arrache de ton sein la mortelle vipère,
ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d’ avoir trop aimé.

Charles-Marie Leconte de Lisle

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José-Maria de Hérédia

Jeudi 18 octobre 2007

La Magicienne

 

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En tous lieux, même au pied des autels que j’embrasse,
Je la vois qui m’appelle et m’ouvre ses bras blancs.
Ô père vénérable, ô mère dont les flancs
M’ont porté, suis-je né d’une exécrable race ?

L’Eumolpide vengeur n’a point dans Samothrace
Secoué vers le seuil les longs manteaux sanglants,
Et, malgré moi, je fuis, le coeur las, les pieds lents ;
J’entends les chiens sacrés qui hurlent sur ma trace.

Partout je sens, j’aspire, à moi-même odieux,
Les noirs enchantements et les sinistres charmes
Dont m’enveloppe encor la colère des Dieux ;

Car les grands Dieux ont fait d’irrésistibles armes
De sa bouche enivrante et de ses sombres yeux,
Pour armer contre moi ses baisers et ses larmes.

José-Maria de Hérédia

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Marc Antoine de Papillon

Jeudi 18 octobre 2007

 ÇA, JE VEUX FOURNILLER…

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Ça, je veux fourniller en ton joli fourneau;

Car j’ai de quoi éteindre et allumer la flamme,

Je vous veux chatouiller jusqu’au profond de l’âme

Et vous faire mourir avec un bon morceau.

Ma petonne, inventons un passe-temps nouveau.

Le chantre ne vaut rien qui ne dit qu’une gamme,

Faites donc le seigneur et je ferai la dame,

Serrez, poussez, entrez, et retirez tout beau.

Je remuerai à bonds d’une vitesse ardente,

Nos pieds entrelacés, notre bouche baisante:

La langue frétillarde ira s’entre-moillant.

Jouons assis, debout, à côté, par-derrière, -

Non à l’italienne, -et toujours babillant:

Cette diversité est plaisante à Cythère.

Marc Antoine de Papillon

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¡VAMOS! YO QUIERO ENHORNAR…

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¡Vamos! Yo quiero enhornar en tu horno hermoso;

Pues tengo con qué prender y ahogar la llama,

Quiero acariciarte en lo más hondo del alma,

Y quiero hacerte morir con un buen trozo.

Chiquita, creemos un nuevo pasatiempo.

Nada vale el cantor que sólo dice una gama,

Haced, pues, de señor, y yo seré la dama,

Aprieta, avanza, entra y sale con tiento.

Yo me moveré con ardiente salto apriesa,

Juntos nuestros pies, nuestra boca que se besa:

La lengua inquieta entre los dos se irá mojando.

Juguemos parados, de lado, por detrás,

-No a la italiana- y siempre conversando:

A Citerea place esta diversidad.

(© Traducción: Sonia Mabel Yebara)

Théophile Gautier

Jeudi 18 octobre 2007

 Dernier voeu

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Voilà longtemps que je vous aime:
- L’aveu remonte à dix-huit ans! -
Vous êtes rose, je suis blême;
J’ai les hivers, vous les printemps.

Des lilas blancs de cimetière
Près de mes tempes ont fleuri;
J’aurai bientôt la touffe entière
Pour ombrager mon front flétri.

Mon soleil pâli qui décline
Va disparaître à l’horizon,
Et sur la funèbre colline
Je vois ma dernière maison.

Oh! que de votre lèvre il tombe
Sur ma lèvre un tardif baiser,
Pour que je puisse dans ma tombe,
Le coeur tranquille, reposer!

Théophile Gautier

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Stéphane Mallarmé

Jeudi 18 octobre 2007

mau87.gifLa chevelure… mau87.gif

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La chevelure vol d’une flamme à l’extrême
Occident de désirs pour la tout déployer
Se pose (je dirais mourir un diadème)
Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vie nue
L’ignition du feu toujours intérieur
Originellement la seule continue
Dans le joyau de l’oeil véridique ou rieur

 

 Une nudité de héros tendre diffame
Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt
Rien qu’à simplifier avec gloire la femme
Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

 

De semer de rubis le doute qu’elle écorche
Ainsi qu’une joyeuse et tutélaire torche.

Stéphane Mallarmé

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