Archive de la catégorie ‘Poesia en frances’

Pierre Louÿs

Jeudi 18 octobre 2007

2007 dans Langue française, EL RINCON DE LA POESIA….

mau111.gifBILITISmau111.gif

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Une femme s’enveloppe de laine blanche .
Une autre se vêt de soie et d’or .
Une autre se couvre de fleurs , de feuilles et de raisins .
Moi je ne saurais vivre que nue .

 Mon amant , prends moi comme je suis :
sans bijoux ni sandales ,
voici BILITIS toute seule .

 

 Mes cheveux sont noirs de leur noir et mes lèvres rouges de leur rouge .
Mes boucles flottent autour de moi libres et rondes comme des plumes .
Prends moi telle que ma mère m’a faite dans une nuit d’amour lointaine ,
et si je te plais ainsi , n’oublis pas de me le dire .
Ainsi parle BILITIS

Pierre Louÿs

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Charles Baudelaire

Jeudi 18 octobre 2007

aaa130.gifLa Beauté aaa130.gif

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Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris;
J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles
!
 

Charles Baudelaire

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Paul Verlaine

Jeudi 18 octobre 2007

 

raddfd6b.gifMelancholia (A Ernest Boutier) – Mon Rêve Familier raddfd6b.gif

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Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues
.

Paul Verlaine

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Paul Verlaine

Jeudi 18 octobre 2007

2mq6ve9rj0.gifJ’ai presque peur, en vérité2mq6ve9rj0.gif

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J’ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée
À la radieuse pensée
Qui m’a pris l’âme l’autre été,

Tant votre image, à jamais chère
Habite en ce cour tout à vous,
Mon cour uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;

Et je tremble, pardonnez-moi
D’aussi franchement vous le dire,
À penser qu’un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,

Et qu’il vous suffirait d’un geste,
D’une parole ou d’un clin d’oil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.

Mais plutôt je ne veux vous voir,
L’avenir dût-il m’être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu’à travers un immense espoir,

Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t’aime !

Paul Verlaine

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